Persona Dramatica

Seiya Tamori

Fille de Kuzaï Tamori et d'Iyu Tamori, elle ne resentira l'amour et la chaleur familiale qu'auprès de son demi-Frère Daichi. Entre sa mère absente et son père, tel une montagne, inaccessible, elle cherchera les réponses a son étrange étrange famille et deviendra une shugenja Tamori pour suivre la piste de sa mère, et y decouvrir des réponses.

Le spectre...

Isao Miromoto

Il est le fils de Noritaka Mirumoto, un samouraï qui s'est fait sepukku pour d'anciennes histoires que personne n'aime a ramener à la Vie. Sa mère Iyu Tamori restera loin de lui, pendant que son beau père Kuzaï l'éduquera comme l'ont fait pour un batard. Bléssé par cette infortune, Daichi s'acharnera a rétablir l'honneur de son père en devenant Isao Mirumoto, combattant de l'école Mirumoto.

Ainsi débute notre histoire ...

Contreforts des Montagnes du Dragon, à quelques jours de voyage du Shiro Mirumoto. Le samurai Mirumoto Noritaka, un honorable cousin du daimyo, est l’intendant dévoué de ces collines venteuses mais plus fertiles que le labyrinthe montagneux Tamori qui les surplombe. L’ordre, la piété et le silence y règnent dans une vie de travail et d’ascèse, jusqu’à l’arrivée de la jeune épouse du maître des lieux, Tamori Iyu. Alors l’amour fleurit dans le village comme un cerisier s’éveillant aux derniers jours de l’hiver. A la naissance de leur premier fils Daichi (azathoth), on croit que le bonheur ne les quittera plus. Une année durant, la joie résonne entre les collines, illuminant chaque habitant du village, et portant une prospérité inaccoutumée.
A moins d’un ri de là, les occupants du monastère ne cessent de lire de funestes augures dans le vol des oiseaux et les ombres sur les massifs.
L’arrivée soudaine du Magistrat d’Emeraude Tamori Kouzai, suivi de près par les représentants des daimyo Mirumoto et Tamori lourdement escortés stupéfie le village. Des rumeurs innommables se déversent dans la vallée comme une coulée de boue. Rien ne filtre pourtant des accusations portées par la cour d’Hiver de l’empereur à l’encontre du maître des lieux. C’est dans la solennité de la cour intérieure du Shiro, en présence des envoyés des daimyos et du magistrat que Noritaka se fit seppukku avec l’assistance de son yojimbo devant le visage mortifié et digne de sa femme qui le soir demanda l’autorisation de se faire Jigai. L’émissaire du Daimyo refuse, plongeant la veuve dans le mutisme. Alors qu’Iyu sombre dans l’hébétude, les négociations continuent et des lettres arrivent. Il est décidé que Kouzai aura la tutelle de ces terres jusqu’à l’âge adulte de Daichi. Il prend la jeune veuve pour épouse lors d’une cérémonie lugubre.
Vêtue de blanc, Iyu ne prononce pas un mot et se retire dans sa chambre pour ne plus la quitter des mois durant. Elle n’entend pas les pleurs de son fils qui la suit de ses premiers pas mal assurés. Daichi, privé pour la première fois de l’amour de ses parents, est tenu à l’écart par une nourrice attentive mais peu affectueuse à son égard.
Tamori Sumika naît à peine deux saisons après le mariage, une fillette bruyante de bonne constitution malgré son arrivée prématurée. Aucune célébration n’accompagne cette naissance. Rien ne semble rendre vie à Iyu aux yeux vides et au cœur brisé. Kouzai fait la rencontre de ses enfants, le fils adoptif et la fille légitime, entre deux missions pour l’Empire. Il leur accorde peu d’attention mais les entoure comme il sied de tuteurs expérimentés.
Les deux enfants, proches en âge, se lient facilement et échappent à toute occasion à la vigilance de leurs tuteurs pour espionner les adultes de la maisonnée, jouer des tours pendables aux habitants du village, explorer les forêts voisines ou même le laboratoire d’alchimie abandonné de leur mère. Parfois maladroits ou dénoncés, les méfaits sont sévèrement punis par leur père après de longs discours sur les valeurs du Bushido énoncés avec emphase par Kouzai, et suivis avec désintérêt par Iyu. Repentante et ravalant ses larmes, Sumika récite ces enseignements des nuits durant, guettant dans le discours le moindre signe d’affection. Impassible, Daichi serre la mâchoire, avant de composer des Haiku d'excuses qu’il remet à sa mère indifférente.
Ces rares et pénibles moments en famille ne découragent pas pour autant les enfants de leurs bénignes transgressions, au contraire. En grandissant, ils deviennent plus entreprenants et surtout plus habiles à dissimuler leurs actions. Sumika questionne sans cesse les idées de Daichi et le menace de mille représailles, mais finit par le suivre dans toutes ses idées insolites.
Un soir de pluie, alors que les enfants jouent aux ninjas sur les toits de la demeure, un inconnu entre sans s’annoncer dans le genkan et pénètre encore vêtu de sa cape de pluie dans la salle de réception ou Iyu et Kouzai prennent le thé en silence, fermant la porte coulissante derrière lui. Une dispute éclate, dont les enfants ne perçoivent que quelques cris d’un langage bien peu soutenu à leur grand étonnement. Avant que Daichi ne parvienne à se glisser plus près de l’ouverture, « Vous êtes maudits ! » retentit. L’inconnu quitte la maison pour ne jamais revenir. Le lendemain matin, dans un ciel sans nuages après les pluies diluviennes, la nuit tombe en plein jour, effrayant les villageois.
Dans les années qui suivent, Iyu conçoit deux enfants, tous deux morts-nés. La maison sombre dans l’accablement et les récoltes s’appauvrissent. Sumika est persuadée qu’une malédiction a frappé sa famille à l’issue de l’éclipse et de la mystérieuse visite. Elle s’infiltre dans le monastère voisin pour écouter les leçons des sensei et lit en secret les parchemins mystiques de la bibliothèque de sa mère. Elle y acquiert un savoir fragmenté et peu encadré .
Le veille de ses douze ans, Daichi fut convoqué par ce père parfait qui cependant ne s’était pas départi d’un once d’amour à son égard. Mais qu’y pouvait il? Même sa sœur n’avait pu obtenir un geste d’affection de celui-ci. Daichi s’était habitué à vivre, à l'ombre de ces deux rochers familiaux, dur et froid gardant une distance respectueuse, comme il avait pu le voir dans les jardins Zen.
Sur les genoux, au pied du fauteuil de son père, celui-ci paraissait encore plus impressionnant et plus sombre que d’habitude.
Demain tu iras rejoindre l’école Mirumoto, l’école de ton père. L’entretien est terminé.
Daichi quitta la salle des hôtes, secoué par cette étrange révélation. Il tenta bien d’aller voir sa mère. Mais il n’eut que le refus de sa servante qui répétait les mots chuchotés de celle qui lui avait donné la vie. Il n’eut pas plus de succès avec sa sœur, ordre avait été donné de ne pas la déranger.
Le lendemain matin, très tôt avant que la maisonnée encore emmitouflée des premiers frimas de l’hiver ne s’éveille, Daichi quitta la demeure familiale avec comme seul regret de n’avoir pu dire au revoir à sa demi-sœur.
Les premiers temps à l’école Mirumoto ne furent pas faciles pour le jeune garçon. En effet, tous ses condisciples avait déjà connu l'entraînement des armes, alors qu’il lui avait été interdit d’en porter une. De plus, tous connaissaient son histoires et il l'apprit de la plus méchante manière possible, sans pouvoir se défendre, sans pouvoir croire ou refuter leurs dires. Ils l’affublèrent, loin des oreilles des Sensei, du surnom de “Rônin”.
Cependant, au lieu de l’émousser, ils ne firent que l’aiguiser vers l'unique objectif de retrouver son nom et son honneur, de quelque manière que ce soit. Lors de la cérémonie de son Gempukku , pour laquelle ses parents ne pouvaient se substituer, il prit devant toute l’assemblée réunie le nom d’Isao Mirumoto, l’Honneur des Mirumoto.

Lettre de Sumika à son demi-frère Daichi, 6 mois après son départ.
Mon bien cher frère,
J’ai enfin l’autorisation de t’écrire, Père accepte de transmettre cette missive à condition que je l’écrive dans l’heure qui vient, un émissaire part sous peu au Shiro Mirumoto. Elle sera donc brève. Pourquoi es tu parti sans m’embrasser? Tu serais fier de moi. Dix huit heures debout sur la poutre principale de la salle des hôtes et je n’ai pas flanché. Atsushi a du escalader la charpente pour me faire descendre tant j’étais incapable de me mouvoir. J’ai à peine senti les coups de canne après cela, même si aujourd’hui, une semaine après, je peine encore à former mes caractères correctement, j’espère que tu pardonneras cette missive bien laide. Père recevait des commerçants pour régler une dispute et je n’ai pas pu m’empêcher de descendre de mon poste d’observation pour parler en défense du mari de notre ancienne nourrice Ayako, qu’un voisin accusait injustement de couper son tabac avec du thé. Tu sais comme moi que le tabac n’y est pas coupé et que leur voisin est un sournois. Je ne comprends pas que Père fasse d’Ayako et Genzo des eta, et qu'Oroka reprenne toute leur exploitation. J’ai longuement médité sur la compassion, le devoir et l’honneteté sur la poutre. As tu déjà regardé le lever du soleil de si haut? Après la tombée de la nuit, je dois avouer que je ne pensais plus à rien. Notre vieille Neko a eu des chatons ! Mais Mère me les a encore repris et jetés aux chiens. Mère est toujours fatiguée depuis que tu es parti. Tu me manques. Un des cousins t’a appelé le Rônin. Pourquoi ? Mon sang n’a fait qu’un tour, et je l’ai provoqué en duel le lendemain pour défendre notre honneur, bien qu’il fasse une tête de plus que moi, au moins, et qu’il s’entraîne tous les jours. Une étrange inspiration m’est venue pendant le duel, comme si un autre être guidait mon corps. Je crois lui avoir arraché une oreille et peut etre cassé un bras mais j’ai employé toutes les formules de politesse auparavant et me suis arrêtée au premier sang. Je retourne sur la poutre et sous la canne demain, aujourd’hui il y a des hôtes. Père m’a regardé accepter la punition la semaine dernière, mais je crois qu’il se lasse de mes indélicatesses et j’ai aperçu une missive pour le Sensei de l’école Tamori. Réponds moi vite! Et bien sûr reçois tous mes souhaits de force persévérance etc. et ma dévotion je n’ai plus le temps pour toute la formule.
Ta soeur de coeur,
Sumika


Reponse de Daichi
Ma très chère soeur,
Je suis heureux d’avoir de tes nouvelles, et que Kousai-sama t’ai permis de t’écrire. Je te demande pardon de mon départ précipité, mais l’hiver arrivant, je pense que Kousai-sama craignait que je ne puisse rejoindre mon école d'où ce départ précipité. Je n’ai pas eu le temps de dire au revoir a Mère, c’est pour dire. Comme tu as pu l’apprendre, j’ai rejoint l’école Mirumoto pour faire de moi un vrai samouraï. Ici, l'entraînement est dur mais mes condisciples sont presque tous des amis maintenant. Il existe une franche camaraderie et c’est ici comme une deuxième maison. Comme tu vois, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.
Je pense que tu vas bientôt aller à l’école de Tamori, je te prie de bien suivre les cours et de rester concentrée, je sais que parfois tu peux être tête en l’air. C’est très important et l’empire aura besoin de nous, je l’imagine fort bien. Alors applique toi et tu me feras une démonstration de tes progrès à mon retour après mon gempukku.
Transmet mon amour a notre mère, et de respectueuses salutations à Kouzai-sama.
Daichi


Lettre de Sumika à son demi-frère Daichi, premier semestre à l’école Tamori
Mon très cher frère,
J’ai terminé de sabler le sol de la grande salle de conférence (pour la seconde fois ce mois-ci - c’est parfait même sous les écritoires) et j’ai vu qu’un groupe de Yamabushi en formation s’apprêtait à rejoindre l’école Mirumoto, j’espère qu’ils te transmettront ce message. Comment se passe ton apprentissage ? On me parle de vos techniques de combat à deux armes, j’aimerais tant m’y essayer aussi mais pour ce semestre on nous limite à la méditation et l’étude des textes anciens, l’entraînement physique et un peu de combat à mains nues. Nos nobles cousins du Shiro Tamori n’avaient visiblement jamais pratiqué ce dernier, je dois ma première journée de ponçage au genou fracassé de Tamori Hayato. Les Sensei pensent que je peine à contrôler mon lien avec les Kami. Je médite pourtant de longues heures durant et je suis tous les enseignements à la lettre. Que faire si dans le feu du combat je ne parviens plus à maîtriser cette énergie que je ne comprends pas? Oh j’espère seulement ne pas devoir quitter l’école dans le déshonneur, je n’y survivrais pas. Je te fais la promesse de faire de mon mieux. D’ailleurs, les Sensei ont tout de même loué ma vivacité d’esprit lorsqu’un incendie s’est déclenché dans le laboratoire d’alchimie. Toute l’aile Est aurait brûlé si je n’avais pas été là. Notre Sensei alchimiste pourrait revoir son étiquetage, mais je ferai la suggestion un autre jour. Quoi qu’il en soit, la salle de conférence est comme neuve. J’y entends souvent des rumeurs troublantes sur notre famille. Ce qui fait défaut en prouesses physiques à nos cousins est largement compensé par leur talent pour l’insulte. Tu serais fier de moi car j’ai fait semblant de ne rien entendre. Un haiku anonyme est apparu dans le réfectoire insinuant les indiscrétions d’une certaine beauté avec un autre étudiant. J’aurai de la compagnie pour sabler le dojo cette semaine, et méditer sur les vertus de sincérité et de courtoisie. Avec toute mon affection, etc etc etc, dévotion honneur etc.
Ta soeur à qui tu manques immensément,
S.


Lettre de Sumika a son demi frère Mirumoto Isao, dernier semestre à l’école de Tamori Yamabushi, Dojo du Feu tranquille
Isao-san,
Pardonne mon absence. Il semble que la lettre m’invitant à ton Gempukku ait été perdue, ce qui m’a peinée. Le silence m’accompagne dans ces derniers mois d’ecole, mes compagnons ne le troublant que pour semer rumeurs et hostilité. Comment t'écrire ce que j’ai entendu de notre famille sans nous disgracier? Je m’incline en implorant ton pardon d’avoir prêté attention à ces bassesses, et je médite sur le déshonneur. Serait il pire de tolérer un déni de justice ou manquer de respect à sa famille? En attendant d’entrevoir la lumière de la vérité, je consacre mes heures à l’entraînement. Peut-être pourrai je rejoindre les rangs de l’armée du Clan - si les Kami, les Sensei, le Daimyo et Père en décident ainsi. Bien que je ne mérite pas cet honneur, je ne peux qu’espérer que tu seras présent le jour de mon Gempukku et que nous pourrons enfin nous retrouver.
Ta soeur,
Sumika, bientôt Seiya, la sincère.